
Rivière Petitcodiac, Moncton
La Marée Rouge de la Petitcodiac
La Marée Rouge de la Petitcodiac — narration
La Petitcodiac est connue comme la rivière chocolat — ses eaux brunes d'argile et de limon sont célèbres dans tout l'est du pays. Mais certains soirs avant une grande marée, les gens qui habitent le long de la rive disent que la rivière prend une autre couleur. Pas le brun habituel. Quelque chose de plus profond, qui vient d'en dessous.
Le mascaret de la Petitcodiac est une des grandes forces naturelles du Nouveau-Brunswick.
Deux fois par jour, la marée de la baie de Fundy remonte la rivière sous forme d'une vague — une crête d'eau qui avance à contre-courant, repoussant l'eau douce, levant le niveau en quelques minutes. Avant la chaussée de 1968 qui rétrécit le chenal et étrangla la rivière pendant quatre décennies, le mascaret atteignait parfois un mètre et demi de hauteur. On l'entendait venir de loin — un grondement bas, une vibration dans les berges, puis la vague.
Les gens qui vivaient au bord de la Petitcodiac apprenaient à connaître les marées comme les fermiers connaissent le temps. Ils savaient quand les grandes marées montaient, quand la rivière était dangereuse, quand il ne fallait pas traverser.
Baptiste Léger savait tout ça.
Le soir du 19 septembre 1931, il traversa quand même.
On ne le revit jamais. Sa barque fut retrouvée le lendemain matin, dans les joncs en aval, intacte, sans même une éclaboussure de boue sur les bancs qui aurait indiqué un chavirement. Comme si Baptiste en était simplement sorti et avait marché sur l'eau.
Ce soir-là, trois personnes qui habitaient le long de la rive entre Moncton et Riverview dirent avoir vu quelque chose d'inhabituel dans la rivière vers l'heure du mascaret : l'eau qui prenait une teinte plus sombre au centre du chenal, plus rouge que brune, comme si quelque chose montait du fond avant l'arrivée de la vague.
La Petitcodiac reprit sa couleur habituelle avec la marée montante.
Baptiste Léger ne remonta jamais.
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