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Le cimetière des loyalistes — illustration

Loyalist Burial Ground, Saint John

Le Cimetière des Loyalistes

Le Cimetière des Loyalistes — narration

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Le Loyalist Burial Ground de Saint John date de 1784 — l'un des plus anciens cimetières au Canada. Les pierres tombales des premiers loyalistes y sont encore debout. Et certaines nuits, selon ceux qui habitent les maisons qui donnent sur le cimetière, un officier en uniforme rouge fait sa ronde le long du mur, s'arrête au portail, et regarde en direction du port.

Les Loyalistes arrivèrent à Saint John en mai 1783 — des milliers d'entre eux, en quelques semaines, débarquant des bateaux qui venaient de New York et de Boston. Ils avaient perdu une guerre, perdu leurs terres, perdu leur pays. Ils apportaient leurs meubles, leurs outils, leurs noms, et une loyauté à la Couronne britannique qui ne leur avait rien rendu en échange.

Le premier hiver fut terrible. Des centaines moururent — du froid, de la maladie, du désespoir.

Le Loyalist Burial Ground fut ouvert en 1784 pour recevoir ceux qui ne virent pas le printemps.

Le major William Hazen était parmi les premiers. Il avait servi dans les forces loyalistes pendant toute la guerre, organisé la retraite de New York, supervisé les traversées. Quand il mourut en 1814 à soixante-sept ans, il était l'un des hommes les plus respectés de Saint John. Sa pierre tombale est encore debout, dans le coin nord-ouest du cimetière, illisible par endroits mais intacte.

Ce que les voisins ont noté depuis les premières années du vingtième siècle, c'est quelque chose qui se passe certaines nuits — surtout en hiver, surtout les nuits claires et froides où le port est visible depuis le cimetière. Une silhouette qui fait le tour du mur de pierre. Un homme en manteau rouge, à l'ancienne mode, qui marche avec la précision de quelqu'un qui connaît le terrain. Qui s'arrête au portail de fer. Qui regarde vers le bas de la colline, en direction du port, pendant quelques secondes.

Puis qui reprend sa ronde.

Les voisins qui le voient depuis longtemps disent qu'il ne fait pas peur. Qu'il a l'air d'un homme qui surveille quelque chose qu'il a surveillé toute sa vie. Qu'il ne regarde jamais vers les maisons.

Il regarde toujours vers le port.

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