
Sentier Fundy, St. Martins
L'Ermite du Sentier Fundy
L'Ermite du Sentier Fundy — narration
En septembre 1923, un homme que les habitants de St. Martins appelaient simplement « le vieux Calder » entra dans la forêt du sentier côtier au-dessus de la baie de Fundy et ne revint jamais. On chercha pendant trois semaines. On ne trouva rien. Mais depuis ce printemps-là, des randonneurs qui campent sur la crête au-dessus du promontoire disent voir, certaines nuits, une lueur de feu de camp là où il n'y a aucun campement marqué sur aucune carte.
Personne à St. Martins ne connaissait son vrai prénom.
Il était arrivé dans le village vers 1911 ou 1912 — un homme d'une cinquantaine d'années, seul, avec une charrette et suffisamment d'outils pour construire une cabane. Il s'était installé sur le promontoire au-dessus de la côte, à environ trois kilomètres du village, avec vue directe sur la baie de Fundy. Il descendait au village une fois par semaine pour du sel, de la farine, parfois du tabac. Il payait toujours en espèces. Il ne posait pas de questions et n'aimait pas qu'on lui en pose.
On l'appela Calder. Peut-être que c'était son nom. Peut-être pas.
Il vécut ainsi pendant une dizaine d'années. Inoffensif, présent, étrange. Les enfants savaient qu'il existait mais on leur disait de ne pas aller jusqu'à sa cabane. Les adultes le saluaient au village et il saluait en retour, ce qui était à peu près tout.
En septembre 1923, il entra dans la forêt côtière au nord du promontoire et ne revint pas.
On attendit une semaine avant de s'inquiéter vraiment — il avait disparu de la circulation avant, des jours entiers sans descendre au village. Mais au bout de dix jours, les voisins allèrent voir sa cabane. La porte était ouverte. Le feu était éteint. Ses outils étaient là. Son manteau était là. Sa charrette était là.
Seul lui n'était pas là.
On chercha pendant trois semaines. Des hommes de St. Martins et des environs, ratissant les sentiers côtiers et l'intérieur des terres. La falaise fut inspectée, la côte fouillée à marée basse. Rien. Pas de corps, pas de traces, rien qui explique.
Le rapport du coroner, en novembre 1923, conclut à une disparition en forêt, cause indéterminée. Il nota que Calder n'avait pas d'identité connue au-delà du surnom.
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Le printemps suivant, le premier rapport d'un feu de camp arriva.
Deux frères de St. Martins qui avaient passé la nuit sur la crête, à environ deux kilomètres au nord de la cabane de Calder, dirent avoir vu une lueur orangée dans la forêt en dessous d'eux, vers minuit. Trop stable pour être un animal, trop petite pour être un incendie de forêt. Un feu de camp, dit l'aîné, mais il n'y avait personne là-bas.
Ils descendirent le lendemain matin vérifier. Il y avait un cercle de pierres qu'ils ne reconnaissaient pas, avec des cendres fraîches.
Les rapports continuèrent, de façon irrégulière, au fil des décennies. Pas souvent — peut-être une ou deux fois par an, dans les bonnes conditions : une nuit claire, vent du nord, depuis la crête. Toujours au même endroit approximatif. Toujours des cendres fraîches le matin.
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Il n'y a pas de campement officiel à cet endroit. Les cartes du Sentier Fundy ne l'indiquent pas.
Les randonneurs qui savent la légende — et beaucoup de ceux qui fréquentent le sentier la connaissent — disent qu'il n'y a rien d'effrayant dans ce feu. Pas une présence menaçante. Plutôt quelque chose de tranquille. Un homme qui a trouvé ce qu'il cherchait dans la forêt au-dessus de la baie de Fundy et qui n'a pas vu d'utilité à revenir.
La forêt côtière au-dessus de la baie est particulière. La brume monte de la baie le soir. Les épinettes sont noires contre le ciel de mer. Les falaises en dessous sont parmi les plus hautes de la côte est.
Si quelqu'un voulait disparaître dans un paysage, il aurait pu choisir pire.
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Tradition orale / Oral tradition — légende de St. Martins
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