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L'ermite du sentier Fundy — illustration

Sentier Fundy, St. Martins

L'Ermite du Sentier Fundy

En septembre 1923, un homme que les habitants de St. Martins appelaient simplement « le vieux Calder » entra dans la forêt du sentier côtier au-dessus de la baie de Fundy et ne revint jamais. On chercha pendant trois semaines. On ne trouva rien. Mais depuis ce printemps-là, des randonneurs qui campent sur la crête au-dessus du promontoire disent voir, certaines nuits, une lueur de feu de camp là où il n'y a aucun campement marqué sur aucune carte.

Il y a une qualité de solitude particulière dans la forêt côtière au-dessus de la baie de Fundy.

Ce n'est pas la solitude des forêts de l'intérieur — cette vastitude plate qui peut continuer pendant des centaines de kilomètres. C'est une solitude plus condensée, plus verticale. D'un côté, la forêt : épinettes noires, sapins, sols spongieux d'aiguilles et de mousse, lumière filtrée même en plein midi. De l'autre, la falaise, et en dessous, la baie qui monte et descend de dix, douze, quatorze mètres deux fois par jour. La marée de Fundy est la plus haute du monde, et depuis la crête du sentier côtier, on la voit travailler — la laisse qui monte à vue d'œil, les rochers qui disparaissent, les plages qui s'effacent.

C'est un endroit qui rappelle que la géographie est en mouvement.

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On ne sait pratiquement rien de l'homme qu'on appelait Calder.

Les registres de propriété de la paroisse de St. Martins pour les années 1910-1920 ne mentionnent personne de ce nom. Il n'est pas dans le recensement de 1921 — soit parce qu'il avait évité le recenseur, soit parce que sa cabane était suffisamment isolée pour ne pas être visitée. Il n'a pas de pierre tombale parce qu'il n'a pas de tombe.

Ce qu'on sait, c'est ce que les gens de St. Martins qui avaient des parents vivants dans les années 1920 ont transmis : un homme seul, d'une soixantaine d'années à sa mort probable, qui avait choisi le promontoire avec une intention apparente. Pas quelqu'un qui s'y était retrouvé par accident. Quelqu'un qui avait regardé l'endroit et décidé que c'était là.

La cabane était bien construite — assez solide pour tenir plusieurs hivers. Elle avait une fenêtre orientée vers la baie. Quelqu'un qui avait construit cette cabane savait ce qu'il faisait et savait où il voulait regarder.

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La disparition de septembre 1923 ne fit pas l'objet d'une enquête approfondie. C'était un homme sans famille connue, sans identité documentée, dans un endroit isolé. Le rapport du coroner était court. Les recherches furent menées par des volontaires locaux, pas par des autorités provinciales.

Ce qui est resté, c'est l'absence de toute explication.

Pas de blessure sur les falaises. Pas de corps dans la baie — et la baie de Fundy ramène tout ce qu'elle prend, à terme, quelque part sur la côte. Pas de traces d'accident, pas d'indice de violence, pas de raison apparente de sortir sans son manteau dans un septembre frais.

Juste un homme qui entre dans la forêt et qui n'est plus là.

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La tradition du feu de camp sur la crête est suffisamment cohérente dans ses détails pour mériter attention.

Tous les rapports — et il en existe peut-être une vingtaine de documentés sur un siècle, transmis par écrit dans des journaux locaux ou rapportés au bureau du parc — décrivent la même chose. Nuit claire. Vent du nord. Depuis la crête, environ deux kilomètres au nord de l'emplacement de l'ancienne cabane de Calder, maintenant disparue. Une lueur orangée dans la forêt en dessous. Stable. Petite. Personne en vue.

Et le matin, un cercle de pierres avec des cendres.

Ce qui est curieux, c'est que les cendres fraîches ont été observées même en été, quand il n'y a aucune raison météorologique pour qu'un feu ait été allumé là. La forêt du Sentier Fundy est bien gérée — les incendies sauvages y sont rares et immédiatement rapportés. Un feu de camp non autorisé serait visible de loin.

Et pourtant les cendres sont là.

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Les randonneurs qui connaissent l'histoire de Calder et qui campent sur la crête parlent souvent de quelque chose de spécifique à cet endroit : une qualité de présence dans la forêt en dessous, pas menaçante, pas agitée. Quelque chose comme de la compagnie à distance.

Un randonneur qui y passa deux nuits consécutives en 2019 écrivit dans un blog de randonnée qu'il n'avait pas vu de feu, mais qu'il avait eu l'impression, les deux nuits, que quelqu'un connaissait l'endroit mieux que lui et ne voyait pas d'inconvénient à le partager.

C'est peut-être tout ce qu'on peut dire.

L'homme qu'on appelait Calder cherchait quelque chose dans cette forêt, ou fuyait quelque chose, ou avait simplement décidé que c'était là qu'il voulait être. Il y alla. Il y est peut-être encore.

La baie de Fundy monte et descend. La forêt reste.

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Tradition orale / Oral tradition — légende de St. Martins

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