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L'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick après la tombée de la nuit

Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, Fredericton

La Dame Blanche du Parlement

La Dame Blanche du Parlement — narration

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Les employés de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick savent qu'on ne parle pas d'elle officiellement. Mais la nuit, quand les couloirs sont vides et que les lumières du bureau sont les seules allumées, certains regardent vers les fenêtres du haut. Juste pour vérifier.

Le bâtiment date de 1882. Pierre de grès rouge de la carrière de Miramichi, style Second Empire, deux tours d'angle qui regardent le fleuve Saint-Jean. Il a l'air d'avoir toujours été là, ce qui est, pour Fredericton, à peu près vrai.

Les sessions de l'Assemblée se terminent parfois très tard. Les débats sur les projets de loi, les comités, les votes qui s'étirent. Les employés qui travaillent dans les bureaux administratifs restent après les élus. Les agents de sécurité font leurs rondes. Après minuit, dans les longs couloirs de marbre et de bois sombre, il reste toujours quelqu'un.

Ceux qui restent assez tard finissent par la voir.

Une femme, dans les fenêtres du troisième étage. Debout, immobile, regardant vers l'extérieur. Habillée en blanc — pas un blanc lumineux, plutôt le blanc passé d'un tissu ancien. Elle ne bouge pas. Elle ne se détourne pas. Elle regarde simplement le fleuve, comme quelqu'un qui attend quelque chose qui viendra de l'eau.

Elle a été signalée depuis au moins les années 1960. Par des employés, pas des visiteurs. Par des gens qui connaissent le bâtiment et qui savent que le troisième étage est fermé la nuit — que la pièce d'où elle semble regarder est un bureau d'archives, verrouillé, accessible seulement avec une clé particulière.

On n'a jamais trouvé de trace d'une présence physique.

Officiellement, elle n'existe pas. L'Assemblée n'a pas de fantôme. Les fenêtres du troisième étage reflètent les lumières du stationnement et les trompe-l'œil de la nuit. Si quelqu'un pose la question, on sourit poliment et on parle d'autre chose.

Mais les employés qui ont passé des années dans ce bâtiment ont leurs propres règles. Certains ne prennent plus les escaliers de service après vingt-deux heures. Certains font leur café vite, entre deux rondes, les yeux tournés vers le plancher. Certains regardent vers les fenêtres du haut quand ils rentrent tard le soir, juste pour situer les choses.

On n'a pas besoin de croire à quelque chose pour prendre ses précautions.

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Tradition orale / Oral tradition — personnels de l'Assemblée législative