
Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, Fredericton
La Dame Blanche du Parlement
La Dame Blanche du Parlement — narration
Les employés de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick savent qu'on ne parle pas d'elle officiellement. Mais la nuit, quand les couloirs sont vides et que les lumières du bureau sont les seules allumées, certains regardent vers les fenêtres du haut. Juste pour vérifier.
Le bâtiment date de 1882. Pierre de grès rouge de la carrière de Miramichi, style Second Empire, deux tours d'angle qui regardent le fleuve Saint-Jean. Il a l'air d'avoir toujours été là, ce qui est, pour Fredericton, à peu près vrai.
Les sessions de l'Assemblée se terminent parfois très tard. Les débats sur les projets de loi, les comités, les votes qui s'étirent. Les employés qui travaillent dans les bureaux administratifs restent après les élus. Les agents de sécurité font leurs rondes. Après minuit, dans les longs couloirs de marbre et de bois sombre, il reste toujours quelqu'un.
Ceux qui restent assez tard finissent par la voir.
Une femme, dans les fenêtres du troisième étage. Debout, immobile, regardant vers l'extérieur. Habillée en blanc — pas un blanc lumineux, plutôt le blanc passé d'un tissu ancien. Elle ne bouge pas. Elle ne se détourne pas. Elle regarde simplement le fleuve, comme quelqu'un qui attend quelque chose qui viendra de l'eau.
Elle a été signalée depuis au moins les années 1960. Par des employés, pas des visiteurs. Par des gens qui connaissent le bâtiment et qui savent que le troisième étage est fermé la nuit — que la pièce d'où elle semble regarder est un bureau d'archives, verrouillé, accessible seulement avec une clé particulière.
On n'a jamais trouvé de trace d'une présence physique.
Officiellement, elle n'existe pas. L'Assemblée n'a pas de fantôme. Les fenêtres du troisième étage reflètent les lumières du stationnement et les trompe-l'œil de la nuit. Si quelqu'un pose la question, on sourit poliment et on parle d'autre chose.
Mais les employés qui ont passé des années dans ce bâtiment ont leurs propres règles. Certains ne prennent plus les escaliers de service après vingt-deux heures. Certains font leur café vite, entre deux rondes, les yeux tournés vers le plancher. Certains regardent vers les fenêtres du haut quand ils rentrent tard le soir, juste pour situer les choses.
On n'a pas besoin de croire à quelque chose pour prendre ses précautions.
---
Partager
Tradition orale / Oral tradition — personnels de l'Assemblée législative
Légendes proches

Loyalist Burial Ground, Saint John
Le Cimetière des Loyalistes
Le Loyalist Burial Ground de Saint John date de 1784 — l'un des plus anciens cimetières au Canada. Les pierres tombales des premiers loyalistes y sont encore debout. Et certaines nuits, selon ceux qui habitent les maisons qui donnent sur le cimetière, un officier en uniforme rouge fait sa ronde le long du mur, s'arrête au portail, et regarde en direction du port.

Marais de Tantramar, Sackville
Le Photographe de Sackville
En 1891, Eustace Weldon photographie les marais de Tantramar depuis une butte au sud de Sackville. Il développe ses plaques, monte ses tirages, et expose son travail dans son studio de la rue Main. Puis il retire un tirage de la collection. Il ne parle jamais de ce qu'il a vu dedans. La plaque existe encore, quelque part.

Village Historique Acadien, Bertrand
Le Forgeron Sorcier
Dans tout village acadien, on savait à qui s'adresser quand le médecin ne pouvait rien et que le curé avait déjà tout essayé. L'homme à la forge travaillait le métal et le mal. Il ne refusait jamais. Il envoyait toujours une facture.